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L’hégémonie américaine
Depuis la conquête, l’économie de l’Amérique centrale a toujours été orienté vers l’extérieur à travers la culture d’une série de denrées, cacao, indigo, sucre, café, coton et surtout banane suivant les époques, dévoreuse de terres, graduellement développées au détriment des cultures de subsistance. La demande de réforme agraire constitue une revendication constante de la paysannerie et a suscité les insurrections qui ont jalonné l’histoire de ces républiques bananières. Ces convulsions répétées ont de tout temps entraîné la réaction voire l’intervention des États-Unis qui, sous toutes sortes de prétextes et sans trop se préoccuper de la crédibilité des justifications, ont contribué à favoriser la permanence de régimes autoritaires dans les meilleurs des cas, dictatoriaux le plus souvent.[1]
Le Nicaragua n’échappa aucunement à cette vérité aussi crue soit-elle. Depuis plus de 140 ans, les États-Unis font la pluie et le beau temps dans ce pays, avec l’intervention, au début, des marines américaines pour ensuite les substituer avec le temps à la CIA. L’hégémonie américaine au Nicaragua a commencé en 1855 lorsque l’Américain William Walker a défait le gouvernement nicaraguayen pour ensuite se nommer président de ce pays. En fait, toutes les interventions américaines se sont basées sur la Doctrine de Monroe (1823) : L’Amérique aux Américains. L’Amérique centrale était et est encore perçue comme la cinquième frontière des États-Unis et le gouvernement américain tentera à tout prix, aux cours des années, d’écarter de cette zone toute influence qui va à l’encontre de leurs intérêts et qui met en cause leur sécurité. C’est eux qui appuieront la dictature des Somoza et qui financeront les Contras après la révolution. C’est eux et toutes les autres puissances coloniales (Espagne, Angleterre…) qui sont responsables du désastre économique, politique et social des pays de l’Amérique centrale.
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1989 : Après une dizaine d’années très mouvementées, le président Ortega annonce enfin des élections libres.
1990 : Les Sandinistes perdront le pouvoir lors des élections présidentielles au profit de Violetta Chamorro, représentante de l’opposition grâce à une coalition entre 14 partis.
1996 : Le mandat de Mme Chamorro terminé, Arnoldo Aleman lui succèdera comme président.
1998 : Ouragan Mitch, un désastre pour le Nicaragua : Ce désastre naturel est venu s’ajouter aux nombreux problèmes déjà insoutenables pour le gouvernement et la population nicaraguayenne. Il a interrompu un cycle de reprise économique soutenu et a engendré une tendance inflationniste. Les inondations ont causé beaucoup de morts (environ 30 000 victimes dans tout l’Amérique latine) et de dégâts matériels. Les autorités nicaraguayennes avaient cessé de chiffrer l’horreur qui n’avait de toute façon plus aucun sens tant cette catastrophe était insoutenable pour tous[1]. Les cultures vivrières ont été détruites par l’ouragan; plusieurs ponts ou routes sont devenues impraticables retardant les secours ou l’aide internationale. Tout reconstruire ce qui a été détruit…chose qui ne sera pas nécessairement facile faute de moyens. Nous n’avons qu’à prendre l’exemple de la capitale, Managua, qui a été complètement détruite par le tremblement de terre de 1972 et qui n’a toujours pas été reconstruite. En fait, cet ouragan a infligé de graves blessures au pays et ces dernières ne sont même pas encore cicatrisées.
2001 : Enrique Bolanos, candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) remporte les élections au terme d’une chaude lutte avec son adversaire Sandiniste, Daniel Ortega. Juin 2001 : Grave sécheresse (Nicaragua, Honduras, Salvador) qui affecte les paysans et les travailleurs journaliers.
2002 : La famine guette les paysans de toute l’Amérique centrale à cause de l’effondrement des cours du café causé par la surproduction de ce produit au Vietnam et au Brésil. Des inondations et les crues ont aussi dévasté les rizières de plusieurs centaines de Miskitos vivant sur la côte atlantique du Nicaragua. Cinq enfants meurent de faim à chaque jour dans la seule province de Matagalpa.
Janv. 2006 : retour du Parti Sandiniste au pouvoir (centre-gauche) avec Daniel Ortega à sa tête. Cette élection s’inscrit dans le mouvement de retour de la gauche (plus au centre) en Amérique Latine.
[1] D’après l’article de Florence Perret (Mitch, l’impossible espoir du Nicaragua) paru dans l’Hebdo du 19 novembre 1998.
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César Augusto Sandino (1895-1934) : En 1926, le coup d’État des conservateurs amènera le Nicaragua sur le chemin de la guerre civile opposant les libéraux aux forces gouvernementales. Les marines américaines interviendront suite à la demande du président Adolfo Diaz, mis en place et protégé par les États-Unis. Les partis en conflit signeront un traité de paix mais César Augusto Sandino, qui luttait aux côtés des libéraux, refusera cet accord et décidera de poursuivre la lutte armée. Il organisera une guérilla et réussira à chasser les Américains après sept années de lutte acharnée. Le 1er janvier 1933, les marines quitteront définitivement le Nicaragua mais laisseront sur place une garde nationale dirigée par Anastasio Somoza. Un an après avoir déposé les armes, le chef des guérillas fut invité par le président à assister à une réunion décisive à Managua. Il fut assassiné en route dans une embuscade orchestrée par le futur dictateur, Anastasio Somoza. Mais, il restera source d’inspiration pour les générations suivantes.
L’origine : Le Front Sandiniste de Libération Nationale sera fondé en 1961 par Carlos Fonseca Amador, Silvio Mayorga et Tomas Borge, tous trois anciens militants du parti socialiste nicaraguayen. Sa création sera grandement influencée par le modèle cubain.
Actions entreprises avant la révolution par le FSLN : - En 1974, le FSLN organisera une prise d’otage qui sera aussitôt étouffée par les mesures adoptées par Somoza, le dictateur de l’époque. Il établira l’état de siège et pratiquera une politique de répression sanglante sur la population. La dictature somoziste entreprendra un nettoyage systématique des montagnes du Nord du pays. Plus de 3 000 paysans seront tués[1] et le travail d’organisation des masses effectué par le FSLN sera disloqué.
- Pour des raisons tactiques, le FSLN éclatera en 3 parties dès 1975 : 1. La tendance prolétarienne : La moins nombreuse des trois partis. Elle se lancera dans un travail d’organisation des ouvriers Nicaraguayens.
2. La tendance guerre populaire prolongée : Héritière légitime de l’organisation créée en 1961, elle veut le renforcement de l’appareil militaire.
3. La tendance insurrectionnelle : Elle est majoritaire. Pour elle, la priorité est de renverser la dictature, même si, pour ce faire, une alliance avec certains secteurs de la bourgeoisie est nécessaire.
- En août 1978, un commando Sandiniste dirigé par Eden Pastora s’empare du palais national et obtient la libération de prisonniers politiques dont Tomas Borge, dernier survivant des fondateurs du mouvement.
- En 1978, une direction unifiée sera établie entre les 3 tendances.
- Les Sandinistes recevront l’aide de Cuba, de l’argent de la guérilla salvadorienne et auront l’appui militaire et logistique du Panaméen Torrijos, du Vénézuélien Perez et du Costaricain Carazo.
La révolution Sandiniste
« El pueblo armado jamás será aplastado.» «Le peuple armé jamais ne sera écrasé.»
En réalisant leur incapacité à prendre le contrôle du mouvement populaire anti-somoziste, la bourgeoisie nationale s’alliera au FSLN. Le 20 juillet 1979, après la fuite de Somoza en dehors du pays, un gouvernement de reconstruction nationale (FSLN et Bourgeoisie) sera formé. Les Etats-Unis ne l’entendront pas ainsi. Conscients de la défaite de leur précieux alliée nicaraguayenne, le gouvernement américain, mené par M. Jimmy Carter, tentera de reprendre le contrôle de ce pays. Jimmy Carter s’adressant au nouveau gouvernement nicaraguayen : « Vous étiez nos adversaires. Vous avez renversé un régime ami des Etats-Unis. Toutefois je prends acte de votre victoire. Si dans trois mois qui viennent vous organisez des élections générales et libres, créez un parlement, bref, transformez votre gouvernement révolutionnaire en gouvernement constitutionnel, les Etats-Unis reprendront avec vous des relations franches et normales...». En d’autres mots, soumettez-vous et devenez un jouet du gouvernement américain ! Thomas Borge lui répondra : « Notre Peuple a déjà voté - avec son sang.» Ce sera donc le début de cette longue lutte armée entre Sandinistes et Contras qui déchirera le Nicaragua pendant plus d’une décennie et laissera des séquelles incalculables…tant économiquement que socialement.
Sandiniste contre Contras
Malgré sa première année au pouvoir, le gouvernement Sandiniste se voit reconnaître internationalement, notamment par l’ONU, les pays non-alignés et l’Europe occidentale. Les Etats-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire tomber ce régime communiste très influent, surtout en Amérique centrale et plus particulièrement au Salvador. Tous les moyens seront bons pour délégitimer le gouvernement Sandiniste…l’étranglement économique sera le plus efficace. En effet, le Nicaragua est très dépendant de ses exportations de matières premières (coton, café, bananes, etc.). En imposant un blocus économique qui provoquera l’état d’urgence au Nicaragua (les droits civils seront donc suspendus) et les Etats-Unis espèrent ainsi que la population nicaraguayenne perdra confiance en leur gouvernement. Ronald Reagan se servira donc du prétexte de l’aide sandiniste aux révolutionnaires des pays voisins pour armer et financer[2] les exilés nicaraguayens massés à la frontière du Honduras. De plus, le gouvernement américain, afin de mettre un terme à la reconnaissance du FSLN par la communauté internationale, inventera de toute pièce des accusations de génocide de la part de Managua envers les Miskito de la côte atlantique et diffusera les informations concernant cette supposée atrocité à travers le monde grâce aux médias américains.
Malgré les efforts du président Ortega pour la concrétisation d’un plan de paix, Washington continue à exacerber le conflit. En novembre 1984 auront lieu des élections libres (même si elles ont été boycottées par plusieurs partis) : Daniel Ortega sera élu pour un mandat de 6 ans. Les Etats-Unis deviendront de plus en plus agressifs envers le régime Sandiniste nouvellement élu par la population. Leur but deviendra enfin clair : renverser le régime Sandiniste, purement et simplement. Mais la guerre continue à ravager le pays tout entier; le nombre de victimes est incalculable. Les Sandinistes se battent seuls contre les Contras puisque l’Union Soviétique est trop affaiblie pour intervenir militairement. Le 9 janvier 1987, la nouvelle constitution nicaraguayenne entre en vigueur, mais ne permet pas la restitution d’un état de droit. À ce moment, un cessez-le-feu est enfin décrété grâce à l’amélioration des relations avec les membres de l’opposition. La guerre se terminera quelques années plus tard, grâce à de nombreuses négociations et pourparlers. Mais de nos jours encore, de nombreux conflits isolés entre anciens Contras et Sandinistes ont lieu dans le nord du pays. [1] Selon le livre Les 100 portes de l’Amérique latine, de Maurice Lemoine. [2] Iran-Contragate : Au printemps 1984, le Congrès américain refuse officiellement que les Etats-Unis continuent à financer ou soutenir les contras nicaraguayens. Mais, la réalité sera toute autre. Afin de renouer de bonnes relations avec les modérés iraniens au pouvoir et afin d’obtenir la libération des otages faits par les extrémistes chiites, le gouvernement américain décide de vendre des armes à l’Iran. Les profits réalisés par ces ventes serviront au financement caché des contre-révolutionnaires nicaraguayens, malgré l’interdiction du Congrès.
Tags associés : front, sandiniste, liberation, nationale, fsln
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Avant l’arrivée au pourvoir de la famille Somoza, les marines américaines avaient envahi et occupé le Nicaragua de 1912 à 1933, à la demande du président de l’époque, Adolfo Diaz. En 1937, avec l’appui américain, Anastasio Somoza instaurera un régime dictatorial. Il sera assassiné en 1956, mais son fils, Anastasio Somoza junior reprendra le flambeau et maintiendra un régime d’oppression. Pendant près de 40 ans, cette famille règnera en tyran et affaiblira considérablement le pays à cause des nombreux détournements de fonds, de la corruption, etc. Il faudra attendre en 1979 pour que la dictature soit enfin renversée par les Sandinistes.
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L’indépendance vis-à-vis de l’Espagne, proclamée pour une première fois en 1821 à Ciudad Guatemala[1], sera retardée par les appétits trop gourmands de l’empereur mexicain Iturbide. Iturbide sera défait en 1823 et l’Amérique centrale sera enfin indépendante. Dès 1824, le premier acte politique des autorités de l’Amérique centrale indépendante sera élaboré. Ce sera la mise en place d’une constitution de la Fédération des provinces-unies. Mais, en 1938, celle-ci éclatera en cinq républiques : Costa Rica, Guatemala, Honduras, Salvador et bien sûr le Nicaragua. Au cours des premières années suivant son indépendance, le Nicaragua fut incapable d’établir un gouvernement démocratique à cause de diverses luttes internes. La situation instable du Nicaragua prit fin lorsqu’un gouvernement national, sous l’influence des conservateurs, fut créé par les oligarchies créoles. En 1893, une révolution armée dirigée par le Général libéral Zelaya renversa les conservateurs et effectua des changements considérables (rédaction d’une Constitution qui prônait la propriété privée, la sécurité individuelle, l’égalité, etc. Et il réussit à chasser les Anglais de la côte Atlantique). [1] Le mouvement d’indépendance avait commencé au Nicaragua à la fin de 1811 quand les créoles s’étaient révoltés contre les Espagnols à Léon, Rivas et Granada.
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